La Bolivie, un pays rempli de richesses !

Bonjour à tous,

   J’ai pris le temps de vous décrire de manière la plus objective possible toute mon aventure au sein de l’orphelinat « Hogar Tata Juan de Dios ». Cependant, ce mois passé à l’autre bout du monde m’aura aussi permise de faire de nouvelles expériences et de découvrir beaucoup de choses.

Sucre :

   Bien évidemment j’ai surtout passé du temps à me balader dans la ville de Sucre, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle regorge de bâtiments construits par les espagnols au XVIe et XVIIe siècles. De nombreuses églises parsèment cette ville et sont chacune plus belles les unes que les autres, avec de magnifiques façades mais des intérieurs parfois un peu trop chargés. Cette ville en pleine montagne fût bien conservée et très entretenue : c’est une des rares villes en Bolivie où l’on peut trouver des constructions dans cet état de conservation. Je me suis donc régalée à me promener dans les rues, à découvrir les églises dont la cathédrale de Sucre renfermant un trésor, la vierge de Guadalupe recouverte de centaines de pierres précieuse, et à parcourir les musées afin de mieux comprendre l’histoire de cette ville et des Incas. En effet, la Bolivie faisait parti du territoire des Incas, les indiens les plus grands colonisateurs d’Amérique du sud, avant d’être envahie par les espagnols qui ont réduits en esclavage les Incas. Leur histoire est donc passionnante et bien retracé dans les musées. Je suis vraiment tombée amoureuse de cette ville au mille trésors.

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   Cependant, bien que cette ville soit magnifique, la vie au quotidien y était plutôt difficile pour une jeune occidentale comme moi. Aucun supermarché, la ville ne possède qu’un petit centre avec quelques produits de première nécessité et un « mercado central », un marché de producteurs où les produits s’entassent dans des conditions de conservation plutôt douteuses. Le reste, ce sont de petites boutiques basiques et pauvres ou des stands à même le sol, de paysans venant vendre leurs marchandises en ville. J’ai donc mis un peu de temps à prendre mes marques et j’ai peu mangé durant le mois, surtout pas de viande ! De plus, les connexions wifi existent peu à part dans les bars et restaurants dédiés aux voyageurs, aucune carte sim pour iphone n’est disponible dans le pays mais les cybers cafés pullulent. J’ai donc pas mal été coupé du reste du monde. à part quelques sessions internet pour prendre des nouvelles de ma famille. Et puis bien souvent les personnes que je rencontrais étaient de passage et je les perdais vite de vue. J’ai cependant fait de belles rencontres et partager de jolis moments avec des personnes simples et avec un grand coeur.

   Malgré ces difficultés et la solitude rencontrée parfois, j’ai appris à vivre avec le minimum de base et à me débrouiller pour la moindre petite chose. Cela fût d’autant plus difficile que je suis tombée assez gravement malade, au point d’être clouée au lit trois jours et d’être en déshydratation sévère, et de recevoir une piqûre de 5mL d’antibiotiques par le médecin. Un sacré traitement de cheval et des remèdes de grand-mère pour compléter m’ont remis sur pieds en une journée. Quelle efficacité !

Potosì :

   Une fois remise de tout cela, j’ai quand même pu m’éclipser deux fois de la ville pour deux journées différentes dans des villes proche de Sucre. D’abord, je suis allée à Potosì, une ville à 3h de route au sud de Sucre, fondée par les espagnols afin de pouvoir exploiter les mines d’argent des montagnes avoisinantes. De nombreux esclaves ont été amené dans cette ville pour servir le compte des espagnols mais l’argent des mines a aussi permis d’enrichir la ville et de la développer. Potosì est donc partagée en deux avec le centre historique regorgeant de beautés architecturales et les alentours beaucoup plus pauvres couvertes de maisons en toile, souvent habitées par des miniers (les mines sont encore en activité aujourd’hui bien qu’elles ne sont plus vraiment productives). C’est cependant une ville mal entretenue et très froide car elle culmine à plus de 4000m d’altitude. Ce n’est donc pas très agréable de la visiter et je n’ai pas pu me résoudre à me glisser dans les mines et visiter l’enfer quotidien des miniers comme une bonne étrangère riche voulant voir la pauvreté de ses yeux.

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Tarabuco :

   Un dimanche matin, je suis aussi partie avec un groupe de touristes au célèbre marché de Tarabuco, petit village à 1h30 de Sucre. L’aventure a commencé par un voyage dans le bus assise par terre à coté du chauffeur car le vendeur avait vendu trop de places pour le bus. Au village, nous avons découvert un ensemble de maisons en terre et en boue, des rues détruites afin d’installer enfin l’eau potable et des personnes se promenant avec leurs vaches, leurs moutons et leurs cochons au milieu de tout cela. Nous n’étions cependant pas au bout de nos surprises quand nous avons vu le marché composé seulement de quelques petits vendeurs étalant leurs marchandises sur une couverture à même le sol. Décevant ! Et une belle arnaque à touristes ! Dommage…

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   La Bolivie est un pays que j’ai vraiment aimé malgré tout car j’y ai découvert des gens simples, authentiques et accueillants. La pauvreté est partout, le pays manque de tout et n’a aucune ressource (altitude trop élevée pour de l’agriculture à part la quinoa et les patates, pas d’accès à la mer et plus de ressources minérales pillés par les espagnols). Cependant la richesse de ce pays vient des Boliviens, de leurs sourires et peut être aussi des jolies couettes des Boliviennes !

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   C’est réellement un pays qui mérite d’être découvert au même point que le Pérou ! N’hésitez pas à y aller vous ressourcer et retrouver de vraies valeurs de vie.

A bientôt

Delphine

L’orphelinat « Santa Martha » au Pérou

   Bonjour à tous,

   Cela fait un moment que je n’avais pas écrit pourtant je ne vous ai jamais raconté la fin de mon voyage et ce que j’ai fait à la suite de mon mois passé au sein de l’orphelinat bolivien.

Mon petit séjour dans la capitale bolivienne :

   Après mon mois à Sucre, je suis partie à La Paz, la capitale économique de La Bolivie. J’y ai vécu trois jours d’une intensité rare. D’abord la ville est étouffante à cause de son altitude élevée (plus de 3500 m) et de sa localisation au creux d’une vallée très encaissée. Les rues sont petites et gorgées de monde. La sécurité n’est assurée que dans quelques rues du centre ville et les agressions sur les touristes sont monnaie courante. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie à me promener dans cette ville malgré toutes mes précautions. De plus l’air est rare et polluée rendant les balades complètement désagréables. Je me suis vite échappée de cet enfer pour visiter enfin le lac Titicaca (une merveille à l’état pur !) ainsi que pour rendre visite à Rossy, ma filleule. L’un des moments les plus forts de ma vie… (Détails dans un précédent article)

Au Pérou, changement de programme :

   La suite de mon programme devait se dérouler au Pérou à Huorachi comme je vous l’avais mentionné dans mon blog. Cependant, un peu avant mon départ j’ai contacté une association française, « France bénévolat », qui m’a conseillée un autre orphelinat, la fondation « Santa Martha », dans lequel ils avaient envoyé plusieurs bénévoles français. J’ai donc décidé de changer mon programme et d’apporter mon aide au sein de cette structure.

L’orphelinat « Santa Martha » :

   Cet orphelinat situé proche de la capitale péruvienne, accueille une centaine d’enfants âgés entre 0 et 18 ans. Ce centre est surtout destiné à éduquer les enfants, à les faire évoluer afin qu’ils deviennent des adultes épanouis et autonomes. Peu d’entres eux seront adoptés. Cet établissement est donc structuré de manière totalement différente par rapport à celui que j’avais découvert en Bolivie. Les enfants sont hébergés dans un immense bâtiment ressemblant à u (un grand bâtiment en béton ayant des escaliers externes) avec les dortoirs dans les étages et la cantine au rez-de-chaussée. La cour est en béton, avec un petit bac a sable, de vieux buts de football et complètement entourée de grillage. Une seule sortie : une immense grille fermée à clé et ouverte que quelques rares fois par jour. Personne ne sort … Pas même les bénévoles !

Une sensation de tristesse quotidienne :

   Le premier sentiment que j’ai ressenti c’est une forte oppression. Tout n’était que béton, interdiction de sortir quand je le voulais et des gestes dictés à la seconde près par les encadrants … Car nos journées étaient rythmés par des corvées et des tâches imposées, de 5h30 le matin (l’heure du réveil pour tout le monde) jusqu’à 20h (heure de la fin de journée de travail). Pas un seul moment de liberté sauf sur demande préalable à la direction pour nous autoriser une heure de liberté le matin si ils n’avaient pas besoin de notre présence …. Une vraie prison pour le corps et l’esprit ! Et au milieu de tout ça, des enfants déjà peu épargnés par la vie qui subissaient le même rythme et les mêmes règles que nous … Sans pouvoir rien y changer.

   Les enfants vivaient dans le grand bâtiment de béton dans les étages : ils étaient répartis en dortoir par âge et pas sexe pour les plus grands. Chaque dortoir comptait environ 20 enfants et était géré au quotidien par deux encadrant(e)s ainsi qu’un ou deux bénévole(s). Jai été affecté au groupe des 5 à 8 ans, qui logeaient dans le dortoir « vert » (le nom de chaque dortoir était une couleur). Nous devions nous occuper de 21 enfants toute la journée en dehors des heures de cours (9h-12h30). Le matin, nous nous consacrions à la toilette et au petit déjeuner des enfants, ensuite nous l’avions le dortoir et aidions au tâches ménagères pendant que les enfants étaient à l’école, puis repas du midi, organisation d’animations toute l’après midi, douche, repas du soir et coucher. Des journées longues, intenses mais normales au sein d’un orphelinat. Sauf que dans le premier orphelinat, des femmes étaient affectées à chaque tâche individuellement et deux équipes se relayaient dans la journée. Dans celui-ci les encadrantes géraient leurs enfants et les tâches ménagères toute la journée, tous les jours avec seulement un week-end de libre tous les 15 jours. Ça en devenait de l’exploitation !!!

   Néanmoins, le pire pour moi n’était pas la condition des adultes, autonomes et libres de refuser ce travail, c’était celle des enfants, seuls et sans défense, devant subir un quotidien pas très joyeux même s’il n’était pas aussi douloureux que celui qu’ils subiraient dans la rue… Aucun n’était maltraité, je n’ai pas vu de violences physiques et les encadrantes ont toujours fait de leur mieux pour leur apporter de l’amour et du bien être … Avec ce qu’elles avaient à disposition, c’est à dire pas grand chose ! Il ne régnait pas de joie, de rire dans cet orphelinat. Les enfants n’étaient pas des enfants mais de gentils petits robots obéissant aux ordres et tentant par tous les moyens de grappiller un câlin ou un bisou.

Le quotidien au sein de l’orphelinat :

   Les journées au sein de la structure sont toutes les mêmes et ne changent qu’un peu le weekend. Le réveil est brutal : les encadrantes qui dorment dans la même pièce que les enfants allument la lumière à 5h30 du matin. La journée commence ! Debout tout le monde. Il faut alors débarbouiller et habiller les enfants encore complètement endormis. Je surveille pour garder de l’ordre et de la discipline mais ce n’est pas bien dur car tous les enfants sont très obéissants à ma grande surprise. Vers 7h30 nous descendons dans la cours en deux files indiennes, les filles d’un côté et les garçons de l’autre, par ordre croissant de taille, à une distance d’un bras. Dans la cours tous les autres dortoirs sont présents, en rang de la même manière. Une dame arrive et crie l’ordre de se taire. Elle commence par dire bonjour, auquel les enfants répondent en cœur. Ensuite elle abreuve les enfants de sermons jusqu’à ce qu’une cloche nous donne l’ordre d’entrer dans le réfectoire. Cette salle est composée d’une dizaine de tables rangées selon les dortoirs, à raison de deux tables par dortoir. Les enfants s’installent devant les bancs et la dame procède à la prière du matin. Ensuite on leur sert le petit déjeuné : un bout de pain dur et un demi verre d’eau. Je vous assure que servir ça a des enfants en gardant le sourire cela fend le cœur. A la table d’à côté, les petits bambins de moins de deux ans tentent de se débattre avec leur bout de pain en les tapant sur la table pour en récupérer les miettes. Mon cœur s’est tordu en deux…

   Après le petit déjeuné, les enfants remontent dans les dortoirs prendre leur affaires et s’en vont à l’école avec un accompagnateur. C’est le temps pour les bénévoles d’aider dans tout l’orphelinat : ménage et rangement du dortoir et des pièces communes, vaisselle, préparation du repas et préparation d’ateliers que nous pourrons proposer aux enfants, enfin en théorie… Car dès mon arrivée, les autres bénévoles m’ont avoué que les encadrants ne laissaient pas le temps aux bénévoles pour créer des animations et même si nous les avions créé au préalable, personne ne nous laissait l’occasion de les mette en place. Et bien alors je range de suite mes animations de théâtre, de danse et d’apprentissage du français… Dommage !

   Vers 12h30 les enfants reviennent à l’orphelinat. Nous les aidons à se laver un peu et à se changer (enlever les uniformes de l’école). Ensuite retour au réfectoire avec le même programme : file indienne, discipline, cloche, prière et repas. La nourriture le midi est un simple plat composé très souvent de riz, pomme de terre et de viande (d’après les bénévoles) qui constituent une grande majorité des repas des péruviens et boliviennes de classe moyennes. L’après midi, ce sont chaques encadrantes qui doivent occuper les enfants dont elles sont responsables. Certains les laissent errer dans les dortoirs. D’autres décident de journée un peu avec eux. Nous nous avons commencé par faire les devoirs, enfin plutôt faire les devoirs à la place des enfants … C’est à ce moment la que je me suis rendue compte que les enfants avaient un retard scolaire énorme. A plus de 8 ans pour certains, aucun d’eux ne savaient vraiment écrire, à peine leur prénom … Ces enfants n’ont eu aucune chance dans la vie mais ne sont pas près de s’en sortir …

  Ensuite nous avons fait des jeux de ballon. Le seul moment détendu de ma journée au sein de l’orphelinat. J’ai enfin entendu les enfants rire et cela grâce à l’amour et à la tendresse de leurs encadrantes. J’ai eu alors un regard attendrissant pour ces femmes qui se battent au quotidien pour les enfants et qui leur apportent tout l’amour qu’elles peuvent nous partant j’ai salué leur courage et je les ai remerciées pour les enfants.

   Après cette après midi de douceur, de retour au réfectoire avec les restes du midi à peine réchauffés. Ensuite tous les enfants montent dans leurs dortoirs, c’est l’heure de la douche, du pyjama et du coucher. Là encore il est bien trop difficile de passer un moment de tendresse avec chacun avant de s’endormir, alors un simple « bonne nuit » général et on éteint les lumières. C’est le moment où les encadrantes prennent soin d’elles et rangent les dortoirs. C’est aussi le seul moment de la journée où les bénévoles peuvent sortir une heure et errer dans le village qui ne comptent qu’un seul bar et une petite boutique. Aucun contact possible avec le reste du monde et il est déjà l’heure de rentrer, se glisser dans le lit (si on peut appeler ça un lit) au milieu des enfants…

Ma courte expérience :

   Je n’ai pas pu rester dans ce « petit camp militaire » comme je l’appelle. J’ai voulu partir après moins de 24h passé à leurs côtés. Cette décision fut difficile à prendre car j’avais la sensation de les abandonner et de les laisser dans cette souffrance alors que moi je repartait dans ma belle petite vie… Mais je ne pouvais pas rester : rester signifiait souffrir face à cette organisation qui détruisait les enfants tout en y participant et en les aidant à continuer dans ce sens. Je n’en étais pas capable et je n’avais pas le pouvoir de changer les choses … Cette décision fut lourde de conséquence sur mon moral… Durant les deux jours qui ont suivi je n’ai rien fait d’autre que de me réfugier dans un hôtel de la capitale, de réfléchir et de me promener durant des heures. Comme si je retrouvais le goût de la liberté alors que je n’ai passé que 24h dans cet orphelinat.

La fin de mon aventure :

   Par la suite, je me suis rendue à Cuzco, une ville assez connue dans l’est du Pérou, suite aux recommandations de bénévoles rencontrés durant mon voyage. Le but étant de trouver un autre orphelinat dans lequel je pourrais aider. J’ai trouvé refuge dans une auberge de jeunesse dans le centre ville afin d’être sur place. Durant 15 €jours j’ai frappé à toutes les portes, contacté toutes les associations, j’ai même fait appel au centre français de Cuzco.. Mais que des réponses négatives. J’ai donc voyage un peu sans trop de conviction car mon cœur lui était triste de ne pouvoir aider personne. Au bout de ces 15 jours je n’avais plus de pistes, j’étais fatiguée moralement, j’ai donc décidé de reprendre un avion et de rentrer en France …

   Une fin d’expérience bien plus triste que je ne l’aurai imaginé… Et je suis rentrée avec un grand sentiment d’échec … J’ai fait ce que je croyais bien, ce que je pouvais et je me console en me disant que j’ai tout de même apporté du bonheur en Bolivie. Je ne regrette donc rien et ce fut une expérience inoubliable qui aura changé beaucoup de choses en moi ….

   MERCI à vous tous pour votre immense soutien. MERCI de m’avoir permise de réaliser tout cela et de rencontrer tous ces enfants. Leurs sourires seront gravés dans mon cœur… MERCI !

  J’espère avoir pu vous apporter une autre vision du bénévolat et vous avoir montré à quel point vous avez participé aux bonheurs de ces enfants.

   Prenez soin de vous

   Delphine

PS: Je n’ai pris aucune photo de cette orphelinat, j’avais interdiction de sortir mon téléphone ce qui finissait de me couper du monde. De plus, il m’était trop difficile de prendre des photos de ce que je voyais… Mais vous pouvez découvrir une vérité un peu erronée de cette structure sur leur site internet, en gardant en tête mon récit svp.

Le partage ! (2/2)

    Le partage c’est bien entendu un échange, quelque chose que l’on donne et que l’on reçoit… Durant ce mois en Bolivie, j’ai tenté d’aider les enfants et l’orphelinat à ma manière mais j’ai surtout beaucoup reçu d’eux…

Des cadeaux au delà de mes espérances :

   En partageant leur quotidien, les enfants m’ont avant tout apporté beaucoup d’affection. Ce sont de petits êtres, privés de parents et de tendresse qui ne demandent qu’à se faire câliner et embrasser. J’ai passé de nombreux moments avec certains d’entre eux, assise par terre, au moment du couché ou en promenade, à échanger de petits gestes d’attention.

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   Les filles étaient plus en demande que les garçons mais j’ai quand même créé un lien avec le petit Mijhaël : ce bout de chou de 4 ans était un peu « sauvage » jusqu’à ce que je lui fasse un petit câlin un jour, par la suite il est devenu un ange avec moi et me faisait des bisous dès qu’il en avait l’occasion.


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   C’est malgré tout avec la petite Jocélyne que j’ai passé le plus de temps à faire des câlins. Cette petite fille de 2 ans recherchait en permanence la présence d’un adulte et j’avoue m’être prise d’affection pour elle. Une complicité s’est de suite créé entre nous deux et nous avons passé de beaux moment ensemble. Etre au sein de l’orphelinat m’a donné beaucoup de joie, de bonheur et m’a appris à savourer chaque instant, m’a appris que des choses simples de la vie peuvent me combler, comme le sourire d’un enfant…

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   J’ai reçu beaucoup d’enseignement de tous ces petits bouts et notamment sur leur force de caractère. Ce sont des enfants qui, pour un grand nombre, ont vécu des épreuves difficiles malgré leur jeune âge et qui vivent désormais coupés de leur famille, en communauté. Malgré le fait qu’ils soient bien plus faciles à vivre que les enfants que j’ai côtoyer au cours de ma vie, ils gardent leur innocence de l’enfance, pleurent peu et passent leur temps à rire. Bien évidemment, leur mal être est certainement là et une pédopsychiatre de l’orphelinat les aide à s’exprimer et évacuer tous ces sentiments. Par contre leur rage de vivre malgré les conditions m’a profondément émue, moi qui vit dans une société où les enfants sont conduits aux urgences pour le moindre mal de ventre. Cette surprotection, ils ne la connaissent pas mais sont bien plus souriants et heureux que certains des enfants que je vois en France.

   Cette expérience m’a appris beaucoup sur les enfants et leur force intérieure, mais aussi sur moi… Je suis partie là bas avec des idées et une vision des choses bien à moi mais surtout façonnée par ma société et ma vie. Je suis ainsi entrée dans un monde qui m’était autant inconnue qu’attirant. Cependant, rien n’était tel que je le pensais, tout était bien plus intense pour moi.  J’ai dû faire face aux enfants mais aussi me battre contre moi même, ne pas baisser les bras devant la difficulté de l’expérience, donner tout ce que j’avais pour des enfants qui m’étaient inconnus au départ et gérer tout cela seule sans perdre pied. Bien sûr j’y ai grandi et je me suis découverte mais cela fût bien plus difficile que je n’avais pu l’imaginer.

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   Entrer dans un orphelinat n’est bien sûr pas facile : on se confronte à la pauvreté, à la détresse humaine, précisément dans un pays aussi pauvre que la Bolivie. Aujourd’hui je me l’avoue à moi même : j’ai été touchée et heurtée par de nombreuses images dans la rue et j’ai réalisé la chance que ces enfants avaient d’en être protégés au sein de l’orphelinat. Dans cet environnement, je devais penser aux enfants et n’ont plus à moi. C’est un exercice compliqué qui m’a demandé bien plus d’énergie que je ne le pensais. J’ai passé beaucoup de temps avec les enfants, sans vraiment visiter le pays et chaque soir je me retrouvais seule jusqu’au moment où je repassais la porte de l’établissement le lendemain. C’était eux et non plus moi…

   Je crois que c’est cela qu’on appelle le « don de soi ». Se donner soi même c’est une image très forte mais c’est la réalité. Celles qui m’ont vraiment montré ce que ces mots signifiaient sont les Soeurs qui géraient l’orphelinat. Toutes les trois originaires d’autres pays d’Amérique du Sud, avaient abandonné leur famille et leurs proches pour venir aider ces enfants. Pourtant elles ne cherchaient aucune reconnaissante et trouvaient même que mon action étaient « touchante », c’est presque un comble ! Ce sont des femmes que j’admire et que je vais vraiment garder dans mon coeur…

   Une mission humanitaire est une action qui cherche à améliorer la condition de l’Homme d’après le dictionnaire mais je vous assure que cela change aussi la vie du bénévole.

Delphine

Le partage ! (1/2)

Bonjour à tous,

   Vous connaissez un peu mieux les journées au sein de l’orphelinat « Tata Juan de Dios » à Sucre en Bolivie. Il est temps pour moi désormais de vous montrer ce qui est l’essence même du bénévole : le partage.

Mes actions au sein de l’orphelinat :

   La première chose que j’ai partagé avec ces enfants c’est leur quotidien. Leur donner à manger, les aider à aller aux toilettes, jouer avec eux, parler ou simplement être à leur coté et leur faire des bisous ont été ma vie durant ce mois passé avec eux. J’ai essayé au maximum d’être présente à l’orphelinat, de leur montrer que j’étais là-bas avant tout pour eux et que leur petite bouille était plus importante pour moi que de visiter la Bolivie.

  Cependant, leur quotidien est parfois un peu monotone et grâce à l’argent des donateurs, j’ai tenté de leur montrer de nouvelles choses.

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   Pour commencer, j’ai apporté au sein de l’orphelinat quelques petits jouets : des cordes à sauter, des poupées et des ballons. La majore partie des jeux des enfants sont stockés dans une pièce fermée à clef et ne sont sortis que sous la surveillance d’adultes lorsque les après-midis sont pluvieuses ou sans autre activité. Evidemment, de nouveaux jouets c’est excitant pour tous les enfants du monde et ils ont donc été accueillis avec enthousiasme ! Les enfants se sont forcément un peu chamaillés pour pouvoir les utiliser mais ils ont vite trouver un moyen de jouer tous ensemble. Puis je leur ai fait découvrir le jeu de la marelle ! Quelle partie de rire ! Ils sont trop petits pour ce jeu et ne cherchait qu’à attraper la pierre et à marcher dans toutes les cases !

   Ensuite, après discussion avec la responsable des ateliers du matin, j’ai acheté des ciseaux et des dizaines de plaques de papiers mousses colorés. Avec cela, nous avons créé des boites ou des petits bonshommes tous colorés. L’encadrante était vraiment une experte dans ce domaine et les enfants tentaient de faire de leur mieux pour créer des formes ressemblantes à celle de la « maîtresse ».

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  J’ai aussi acheté des crayons de couleur, des livres de coloriages et des centaines de feuilles blanches. Le matin où je suis arrivée les bras chargés de tout cela, les enfants étaient aux anges. J’ai alors pris un petit groupe de 5 enfants pour aller colorier les livres de coloriage tout d’abord, puis créer de magnifiques oeuvres d’art sur les feuilles. Mon rôle a été de choisir les bonnes couleurs avec eux, de leur apprendre le nom des couleurs mais aussi de les aider à dessiner des bonshommes, des coeurs voire même des chats. Voyez plutôt par vous même le résultat :

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   Ces crayons de couleur nous ont aussi servi un autre jour à mettre en place l’atelier « cartes postales ». En effet, une des contreparties du projet de financement était l’envoi de cartes postales dessinées par les enfants, depuis la Bolivie. J’ai donc expliqué aux enfants que j’étais venue les voir grâce à des personnes qui m’avaient aidé et pour les remercier, je voulais que l’on fasse ensemble de jolis dessins pour eux. Ils étaient vraiment ravis et ont mis tout leur coeur à ces petits chefs-d’oeuvres ! Ils choisissaient les couleurs avec attention et voulaient dessiner ce qui les représentaient le plus. Alors que les plus grands se sont lancés dans le dessin de bonshommes, les plus petits étaient dans l’art abstrait ! Certains ont voulu dessiné des coeurs, d’autres ont fait de la pluie (car il pleuvait ce jour là), d’autres encore ont recréé le drapeau de la Bolivie ou bien des maisons et des fleurs. Bref cet atelier fut un délice pour les enfants.

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   Un autre atelier leur a vraiment plu : la découverte du monde et de la langue française. En arrivant dans leur « salle de classe », j’ai vu très rapidement qu’il n’y avait pas de carte du monde et je trouvais ça dommage. Ces enfants passent leur temps à côtoyer des personnes venant du monde entier et ne savent même pas ce à quoi ressemble la Terre. J’ai trouvé une mapmonde que nous avons plastifiée et accrochée au mur de la classe. J’ai alors tenté de montrer aux enfants les différentes parties du monde, leur montrer où se trouvait la Bolivie ainsi que la France. Je ne pense pas qu’ils ont vraiment retenu mais cela les a beaucoup amusé.

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   Ensuite j’ai voulu faire une « découverte de la langue française ». Ces enfants étaient trop jeunes pour apprendre vraiment à parler français, mais j’ai essayé de leur faire découvrir au moins les sonorités françaises. J’avais  regroupé quelques enfants autour d’un petit catalogue regroupant des objets du quotidien sous forme de dessin avec leur nom en français et la traduction en espagnol en dessous. Voir les images, entendre le mot en français et le répéter après moi, c’était très stimulant pour les enfants. Ils ont adoré et moi j’avoue avoir beaucoup rit à les entendre répéter le français. A la fin, nous avons appris les chiffres en français ainsi que quelques comptines avec tous les enfants et l’encadrante. Désormais ce sont de petits trilingues pour les chiffres (espagnol, anglais et français) !

   Malheureusement je n’ai pas pu mettre en place l’atelier qui me tenait le plus à coeur : la création des muñecas. C’étaient de petits bambins et l’atelier n’était pas adapté à leur âge. Je choisissais donc de laisser cet atelier pour le prochain orphelinat au Pérou, en regardant mes petites poupées dans mon sac bien au chaud.

   L’argent des donateurs devait cependant aussi servir à l’achat de fournitures pour le bien être des enfants. J’ai donc demandé à Soeur Clémentine, la responsable de l’orphelinat, ce qu’ils avaient besoin de plus urgent pour les enfants. Elle me dit alors qu’une autre bénévole venait de fournir des paires de chaussures à tous les enfants, qu’ils avaient reçu de nouveaux vêtements d’une association mais qu’ils leur manquaient des sous-vêtements et des serviettes de toilettes. Nous sommes donc parties toutes les deux au marché et nous avons pris 30 grandes serviettes ainsi qu’une 50aine de culottes pour garçons et filles. Soeur Clémentine était à la fois ravie et émue par tout cela. Elle me demanda une chose en retour : remercier chaleureusement tous les donateurs. Ce que je fais ici !

MERCI !!!!

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Ma dernière action pour l’orphelinat est un peu différente des précédentes. Avant de partir j’ai proposé à Soeur Clémentine de leur créer un blog. En effet, il a été difficile pour moi de les contacte. Malgré les nombreux blogs de volontaires racontant leur histoire au sein de l’orphelinat, je n’ai trouvé nul part le moyen de les contacter. De plus, ils n’avaient aucune visibilité pour de potentielles familles voulant adopter des enfants. Je m’attelle donc désormais à la création de ce blog qui sera traduit en espagnol, anglais et français pour toucher le plus de personnes possibles. Bientôt le monde entier pourra connaître l »hogar tata Juan de Dios » !

   Ce ne sont que de petites actions mais grâce à vous, je pense avoir donné de petits moments de bonheur à ces enfants et un petit soutien à l’orphelinat.

Delphine

Mes journées au sein de l’orphelinat « tata Juan de Dios »

Bonjour à tous,

   Pour reprendre le fil de mon aventure, je vais commencer par vous raconter un peu mes journées au sein de l’orphelinat (« Hogar » en espagnol) « tata Juan de Dios ».

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Cette enceinte accueille de nombreux bénévoles, de toutes nationalités, de toutes religions, venant aider de façon ponctuelle (une journée ou une après-midi) ou sur une période bien plus importante (minimum un mois). Certains viennent à l’orphelinat afin d’apporter des denrées alimentaires ou des vêtements et profitent de ce passage pour partager quelques moments avec les enfants. D’autres sont là dans un vrai but humanitaire pour prendre du temps avec les enfants.

   Ceux là, comme moi, viennent durant plusieurs semaines et choisissent de venir les matinées ou les après-midi. N’étant là bas qu’un seul mois, j’ai choisi de venir toute la journée durant la semaine et de me rendre à l’orphelinat aussi quelques heures les week-ends afin de profiter au maximum de mon aventure.

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  Les horaires de présence des bénévoles sont définis en fonction du rythme des enfants : de 9h jusqu’à la sieste (environ 12h30) puis de 15h jusqu’au coucher du soir (environ 19h30). Avant cela, les encadrantes se chargent du réveil et de la toilette des enfants le matin et après la sieste. Notre tâche est surtout de seconder les encadrantes afin de faciliter la prise en charge des enfants et permettre de mettre en place plus d’activités. Les enfants appellent les encadrantes par leur prénom mais dans la majorité des cas, ils ne cherchent pas à apprendre le nom des volontaires qu’ils appellent « Mamà » et « Papà ». Cela est d’ailleurs très émouvant quand chaque matin des dizaines d’enfants vous sautent au cou en criant « Holà mamà ! ».

Les matinées :

   J’arrivais tous les jours aux alentours de 9h. A cette heure là, les plus grands (environ 6-7 enfants âgées entre 5 et 6 ans)  partaient aux jardins d’enfants (« el kinder » en espagnol).

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 Pendant ce temps là, une femme se chargeait de faire des activités ludiques avec un petit groupe d’enfants, ce qui permet à chaque enfant d’être stimulé intellectuellement tous les jours. Durant ces instants, ils font des puzzles, du coloriage, apprennent des comptines, l’alphabet, les chiffres et connaissent même les chiffres en anglais et désormais en français, suite à mon passage. Le reste des enfants étaient gardés dans la cour ou dans une salle remplie de jouets afin qu’ils puissent se défouler aisément.

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   Ensuite venait le moment du repas avec un passage obligé par les sanitaires pour se laver les mains.  Cette étape était bien souvent difficile : faire tenir 25-30 enfants dans des sanitaires, en rang et calmes, revenait parfois au parcours du combattant.

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   Ensuite, les enfants se rendaient « al comedor », c’est à dire à la cantine, où deux petites cuisinières boliviennes leur avaient préparé le repas, composé le plus souvent d’un plat principal à base de viande, de riz et de patate (le riz et le pomme de terre étant les seuls accompagnements des viandes en Bolivie), d’un dessert au fruit et d’un verre de jus de fruit. Parfois, les repas étaient compliqués à prendre soit parce que les enfants ne voulaient pas manger soit parce qu’ils étaient agités (ça reste des enfants !) mais dans l’ensemble ils appréciaient leur repas et finissaient souvent par un « Màs mamà ! » (Encore maman !).

   Pour finir, nous les conduisions au dortoir pour faire la sieste. De nouveau, cela pouvait être vite la cohue lorsque tous les enfants devaient se laver les mains et aller se coucher. Tous les enfants avaient les mêmes lits, à barreaux  (pour les empêcher de tomber et aussi de ne partir courir dans les couloirs), recouverts de couverture Minnie ou Donald. Aucun n’était attribué et ils s’installaient là où ils le désiraient. Ma seule tristesse était de ne pouvoir avoir un petit moment de tendresse avant le coucher, de la même manière que le soir. En effet, ils étaient bien trop nombreux pour cela : j’aurai pris 30 minutes pour faire un câlin et un bisou à tous, ce qui aurait été bien trop long et qui aurait entraîné aussi des risques que les autres en attendant ne s’agitent. Je me suis donc résignée à ne leur dire qu’un petit : Dormez bien !

Les après-midi :

    Après être rentrée chez moi manger et dormir un peu, je revenais à l’orphelinat vers 15h. Les enfants étaient déjà dans la cour à courir, crier, sauter voire se chamailler parfois. Les après-midi étaient souvent moins structurés que le matin et laissaient plus de place aux initiatives des bénévoles ou de volontaires boliviens venant juste pour une activité.

   Ainsi, j’ai pu voir arriver par exemple des jeunes collégiens du voisinage qui venaient aider à l’orphelinat le mercredi après-midi quand les cours sont finis ou les dimanches. Ils venaient jouer avec les enfants, leur apporter un goûter parfois ou leur faire découvrir les joies du portable ou du vernis à ongles (pour les filles et les garçons !). Ces jeunes étaient touchants et vraiment bienveillants envers les enfants, que c’est beau de voir que des jeunes prennent encore de leur temps pour aider les autres…

   Parfois encore, ce sont des voyageurs de toutes nationalités qui passaient à l’orphelinat souvent les bras chargés de fruits, de légumes, de couches, de vêtements, etc… Ils descendaient alors dans la cour profiter d’un moment d’échange avec les enfants : les aider à grimper dans la cabane, les pousser sur la balançoire ou tenter de leur faire parler. Ces gens là étaient touchants car on sentait qu’ils cherchaient à faire plaisir aux enfants mais bien souvent ils ne parlaient pas un mot d’espagnol et les enfants s’en détournaient vite…

   Certaines fois les activités initiés par des volontaires pouvaient aussi tourner en champs de bataille. Je me souviens de cette jeune italienne, en voyage en Bolivie pendant plusieurs mois, venue aider pendant un temps à l’orphelinat.photo v Un jour, elle décida d’apporter des cartes de Sucre (la ville où nous étions) afin que les enfants découvrent leur ville et leur environnement. C’était une bonne idée sauf que les enfants sont bien trop petits pour comprendre tout cela et ont seulement cherché à colorier dessus et à se les arracher. Ce jour là, nous étions dans une salle à l’abri de la pluie et en 10 minutes, la salle est devenue une petite scène de chaos… Activité plutôt ratée mais les enfants se sont amusés et aucun véritable accident ne fût à déplorer. C’est l’essentiel !

photo q   Enfin, il y eut des intervenants qui eux ont captivés les enfants et nous ont donné des frissons. Ce fut le cas de deux hommes venus pour animer un atelier de chants et de danses pour les enfants. Le plus jeune était à la guitare pendant que le second chantait avec les enfants et leur faisait faire de petites chorégraphies. Parfois les chants étaient des comptines mais parfois c’était des chansons plus religieuses. Dans les deux cas, les enfants le suivaient attentivement et étaient vraiment passionnés. C’était tellement beau à voir !

Quelques fois, lorsque nous étions assez d’adultes, nous partions en balade dans le quartier avec les enfants. En rang deux par deux, nous découvrions les alentours de l’orphelinat, ce qui permettaient aussi aux enfants de découvrir que d’autres enfants vivaient dans la rue ou mendiaient aux carrefours. Là je comprenais que dans leur malheur, mes petits « chouchous » avaient de la chance… Cependant un jour, la sortie fut plus animée que les précédentes car un encadrant avait décidé d’emmener les enfants au parc des dinosaures de la ville. Pour cela, nous devions prendre un transport mais trop cher de payer le bus pour tous les enfants. Pas de souci, nous sommes en Bolivie : hop 29 enfants et 5 adultes dans un 4X4 et les 8 adultes et 2 enfants qui restent prendre un taxi, mais un seul taxi. Heureusement que les coffres sont grands dans leurs voitures et surtout que la Police n’est pas trop regardante… Bien que cela fut dangereux, j’ai surtout beaucoup rit avec les autres volontaires aussi surpris que moi ! Bien que la sortie en elle même ne soit pas à la hauteur de nos espoirs, ces instants sont gravés dans ma mémoire et ont vraiment ravis les enfants !

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Puis certains jours, c’était plus calme et nous étions seulement à jouer dans la cour. Les garçons à se bagarrer ou se courir après, les filles à jouer à la marchande ou à se faire et nous faire des tresses…Des moments simples, de partage et de bonheur avant une fin de journée semblable aux fins de matinée : repas, brossage de dents, pyjama et couché toujours sans véritable moment de tendresse avec regret…

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   Voilà, vous connaissez un peu mieux les journées au sein de l’orphelinat, comme si vous y étiez 🙂

   Bonne journée

   Delphine

Nouvelles…

Bonjour à tous,

Tout d’abord je vous adresse mes voeux les plus sincères en ce début d’année 2015 à vous et à votre famille.

Je souhaite ensuite m’excuser de ne pas avoir donné de nouvelles depuis un long moment … Cette fin d’année 2014 fût assez difficile et il m’a fallu beaucoup de temps pour me reprendre ma vie et surtout digérer toute cette aventure.

Je vais prendre le temps désormais de tout vous raconter de mon aventure en détails, je vais vous raconter ma vie à l’orphelinat en Bolivie, mes actions avec les enfants ainsi que les fournitures que j’ai pu acheter avec vos contributions puis je prendrais le temps de vous expliquer ce qui m’est arrivé au cours du mois de décembre.

Je vous prépare tout cela très vite.

A bientôt

Delphine

Ma rencontre avec Rossy …

  Bonjour à tous,

  Cela fait un petit moment que je n’ai pas donné de nouvelles mais les évènements se sont pas mal précipités…

  En tout cas je me dois de vous faire partager ce qui restera comme l’un des plus beaux moments de ma vie : ma rencontre avec ma petite Rossy !

  Cette rencontre s’est faite en compagnie de membres de l’association PLAN le 27 Novembre 2014. Ils sont venus me chercher à La Paz, la capitale et nous avons mis environ 2h de route et 30 minutes de piste pour atteindre la maison de la famille de Rossy.

  Ils vivent au coeur des plateaux en hauteur de La Paz où la vie est rude : le vent est glacial mais lorsqu’apparaît le soleil, il fait très vite chaud. L’eau y est rare donc la culture presque impossible. De ce fait, la famille de Rossy vit principalement de l’élevage de vaches, moutons et chevaux pour leur viande, leur lait parfois et pour la vente des animaux.

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  Ils vivent dans trois maisons dont deux (en terre) ont été construites par le papa et la dernière a été financée par l’Etat. Ils nous ont reçu de façon royale avec tout ce qu’ils possédaient. Nous avons ainsi pu partager un repas avec eux sur des bancs au milieu de la cour. La maman de Rossy avait fait tous les plats de fête juste pour moi… J’en étais extrèmement touchée mais malheureusement mon estomac lui ne l’entendait pas de cette oreille. Les saveurs sont bien différentes des nôtres et à grand regret, je n’ai pas pu finir mes plats.

  Cependant, la lumière du jour est venue de ma petite Rossy. Au début, elle est restée cachée dans la maison en ne montrant que le bout de son nez. Puis, lorsque sa maman l’a appelé, elle m’a directement couru dans les bras et ne m’a pas quittée durant toute ma visite, soit assise à côté de moi, soit debout entre mes jambes à jouer avec mes mains. J’avoue qu’au début je ne l’avais pas reconnue car je m’attendais à un bébé et c’est une vraie petite fille de 5 ans qui m’est apparue ! Elle n’est pas tellement bavarde, par timidité je pense, mais nos regards, nos gestes et nos sourires ont été suffisants pour échanger nos sentiments. Nous étions toutes les deux heureuses et émues de nous rencontrer enfin !

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  Ses yeux non pas changés et son regard me boulverse toujours autant en voyant cette photo… Bien qu’elle ne sourit pas sur la photo (ce n’est pas courant en Bolivie), je vous assure que j’ai entendu son rire à plusieurs reprises. Cette petite fille est pleine de vie et vraiment épanouie… Cela me touche au plus profond de mon coeur.

  C’est aussi toute sa famille que j’ai eu la chance de rencontrer durant cette journée. Une famille pas totalement au complet car le grand frère et la grande soeur de Rossy étaient à l’école, mais une famille au grand coeur qui m’a ouvert leur monde durant quelques heures.

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  D’abord il y avait son papa, le maître de la maison qui nous a accueillis comme il se doit et qui a vraiment été attentionné et bien veillant avec moi. Il s’est beaucoup intéressé à ma vie et à la France pour mieux comprendre d’où je venais. Cela m’a vraiment touchée mais ce fût plutôt compliqué de lui expliquer ce qu’était les villes en France et mon travail dans un laboratoire. Le décalage entre nos vies est bien trop grand … Mais c’est aussi un homme bon avec sa famille et ouvert d’esprit. Il veut absolument envoyé tous ses enfants à l’école même si cela lui coûte très cher et prend soin de ses enfants en jouant avec eux et en les aidant à manger. Il laisse même sa femme parler et nous dire bonjour. Je sais que pour nous européens, cela semble une évidence mais ici, dans ce pays plutôt machiste, cela est rare. Je suis heureuse que le papa de Rossy fasse parti de ces exceptions.

  Ensuite à ses côtés sur la photo, se trouve la maman de Rossy en blanc. Cette femme seulement âgée d’un an de plus que moi, a un énorme coeur. Elle m’a tout donné durant ces quelques heures : le bonheur de voir Rossy, tous les plats et les ingrédients les meilleurs qu’elle possède et elle m’a ouvert son coeur juste pour me murmurer à quel point elle ne m’oublierai jamais. Cette petite femme toute timide, plus habituée à regarder le sol quand elle parle, aura plus que tout, su transpercer mon coeur par sa sincérité et sa gentillesse. Rossy a donc deux parents vraiment adorables.

  Et puis enfin sur la photo, vous pouvez voir la soeur du papa de Rossy qui est aussi leur voisine et qui a aidé à la cuisine, ainsi que le petit frère de Rossy agé de 3 ans. C’est un petit garçon plein d’énergie, très glouton, qui est très proche de son papa.

  Je suis si heureuse d’avoir pu constater que malgré la pauvreté, Rossy vit dans une famille vraiment bien et aimante, et qu’elle ne manque de rien des choses essentielles pour son épanouissement.

  Avant de partir, les parents de Rossy m’ont offert le plus beau cadeau du monde : ils m’ont demandé d’être la marraine officielle de Rossy… Malheureusement j’ai du refuser car je ne pourrais pas revenir pour la cérémonie mais cette demande à transpercer mon coeur.

  C’était donc une journée incroyable et boulversante, des rencontres inimaginables et des personnes qui resteront à jamais gravées dans mon coeur. Le lien qui m’unit à Rossy est désormais bien plus fort voire indestructible. Cette petite fille et sa famille font entièrement partis de moi …

Delphine