Le partage ! (2/2)

    Le partage c’est bien entendu un échange, quelque chose que l’on donne et que l’on reçoit… Durant ce mois en Bolivie, j’ai tenté d’aider les enfants et l’orphelinat à ma manière mais j’ai surtout beaucoup reçu d’eux…

Des cadeaux au delà de mes espérances :

   En partageant leur quotidien, les enfants m’ont avant tout apporté beaucoup d’affection. Ce sont de petits êtres, privés de parents et de tendresse qui ne demandent qu’à se faire câliner et embrasser. J’ai passé de nombreux moments avec certains d’entre eux, assise par terre, au moment du couché ou en promenade, à échanger de petits gestes d’attention.

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   Les filles étaient plus en demande que les garçons mais j’ai quand même créé un lien avec le petit Mijhaël : ce bout de chou de 4 ans était un peu « sauvage » jusqu’à ce que je lui fasse un petit câlin un jour, par la suite il est devenu un ange avec moi et me faisait des bisous dès qu’il en avait l’occasion.


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   C’est malgré tout avec la petite Jocélyne que j’ai passé le plus de temps à faire des câlins. Cette petite fille de 2 ans recherchait en permanence la présence d’un adulte et j’avoue m’être prise d’affection pour elle. Une complicité s’est de suite créé entre nous deux et nous avons passé de beaux moment ensemble. Etre au sein de l’orphelinat m’a donné beaucoup de joie, de bonheur et m’a appris à savourer chaque instant, m’a appris que des choses simples de la vie peuvent me combler, comme le sourire d’un enfant…

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   J’ai reçu beaucoup d’enseignement de tous ces petits bouts et notamment sur leur force de caractère. Ce sont des enfants qui, pour un grand nombre, ont vécu des épreuves difficiles malgré leur jeune âge et qui vivent désormais coupés de leur famille, en communauté. Malgré le fait qu’ils soient bien plus faciles à vivre que les enfants que j’ai côtoyer au cours de ma vie, ils gardent leur innocence de l’enfance, pleurent peu et passent leur temps à rire. Bien évidemment, leur mal être est certainement là et une pédopsychiatre de l’orphelinat les aide à s’exprimer et évacuer tous ces sentiments. Par contre leur rage de vivre malgré les conditions m’a profondément émue, moi qui vit dans une société où les enfants sont conduits aux urgences pour le moindre mal de ventre. Cette surprotection, ils ne la connaissent pas mais sont bien plus souriants et heureux que certains des enfants que je vois en France.

   Cette expérience m’a appris beaucoup sur les enfants et leur force intérieure, mais aussi sur moi… Je suis partie là bas avec des idées et une vision des choses bien à moi mais surtout façonnée par ma société et ma vie. Je suis ainsi entrée dans un monde qui m’était autant inconnue qu’attirant. Cependant, rien n’était tel que je le pensais, tout était bien plus intense pour moi.  J’ai dû faire face aux enfants mais aussi me battre contre moi même, ne pas baisser les bras devant la difficulté de l’expérience, donner tout ce que j’avais pour des enfants qui m’étaient inconnus au départ et gérer tout cela seule sans perdre pied. Bien sûr j’y ai grandi et je me suis découverte mais cela fût bien plus difficile que je n’avais pu l’imaginer.

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   Entrer dans un orphelinat n’est bien sûr pas facile : on se confronte à la pauvreté, à la détresse humaine, précisément dans un pays aussi pauvre que la Bolivie. Aujourd’hui je me l’avoue à moi même : j’ai été touchée et heurtée par de nombreuses images dans la rue et j’ai réalisé la chance que ces enfants avaient d’en être protégés au sein de l’orphelinat. Dans cet environnement, je devais penser aux enfants et n’ont plus à moi. C’est un exercice compliqué qui m’a demandé bien plus d’énergie que je ne le pensais. J’ai passé beaucoup de temps avec les enfants, sans vraiment visiter le pays et chaque soir je me retrouvais seule jusqu’au moment où je repassais la porte de l’établissement le lendemain. C’était eux et non plus moi…

   Je crois que c’est cela qu’on appelle le « don de soi ». Se donner soi même c’est une image très forte mais c’est la réalité. Celles qui m’ont vraiment montré ce que ces mots signifiaient sont les Soeurs qui géraient l’orphelinat. Toutes les trois originaires d’autres pays d’Amérique du Sud, avaient abandonné leur famille et leurs proches pour venir aider ces enfants. Pourtant elles ne cherchaient aucune reconnaissante et trouvaient même que mon action étaient « touchante », c’est presque un comble ! Ce sont des femmes que j’admire et que je vais vraiment garder dans mon coeur…

   Une mission humanitaire est une action qui cherche à améliorer la condition de l’Homme d’après le dictionnaire mais je vous assure que cela change aussi la vie du bénévole.

Delphine

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