Mes journées au sein de l’orphelinat « tata Juan de Dios »

Bonjour à tous,

   Pour reprendre le fil de mon aventure, je vais commencer par vous raconter un peu mes journées au sein de l’orphelinat (« Hogar » en espagnol) « tata Juan de Dios ».

photo m

Cette enceinte accueille de nombreux bénévoles, de toutes nationalités, de toutes religions, venant aider de façon ponctuelle (une journée ou une après-midi) ou sur une période bien plus importante (minimum un mois). Certains viennent à l’orphelinat afin d’apporter des denrées alimentaires ou des vêtements et profitent de ce passage pour partager quelques moments avec les enfants. D’autres sont là dans un vrai but humanitaire pour prendre du temps avec les enfants.

   Ceux là, comme moi, viennent durant plusieurs semaines et choisissent de venir les matinées ou les après-midi. N’étant là bas qu’un seul mois, j’ai choisi de venir toute la journée durant la semaine et de me rendre à l’orphelinat aussi quelques heures les week-ends afin de profiter au maximum de mon aventure.

photo 4

  Les horaires de présence des bénévoles sont définis en fonction du rythme des enfants : de 9h jusqu’à la sieste (environ 12h30) puis de 15h jusqu’au coucher du soir (environ 19h30). Avant cela, les encadrantes se chargent du réveil et de la toilette des enfants le matin et après la sieste. Notre tâche est surtout de seconder les encadrantes afin de faciliter la prise en charge des enfants et permettre de mettre en place plus d’activités. Les enfants appellent les encadrantes par leur prénom mais dans la majorité des cas, ils ne cherchent pas à apprendre le nom des volontaires qu’ils appellent « Mamà » et « Papà ». Cela est d’ailleurs très émouvant quand chaque matin des dizaines d’enfants vous sautent au cou en criant « Holà mamà ! ».

Les matinées :

   J’arrivais tous les jours aux alentours de 9h. A cette heure là, les plus grands (environ 6-7 enfants âgées entre 5 et 6 ans)  partaient aux jardins d’enfants (« el kinder » en espagnol).

photo s

 Pendant ce temps là, une femme se chargeait de faire des activités ludiques avec un petit groupe d’enfants, ce qui permet à chaque enfant d’être stimulé intellectuellement tous les jours. Durant ces instants, ils font des puzzles, du coloriage, apprennent des comptines, l’alphabet, les chiffres et connaissent même les chiffres en anglais et désormais en français, suite à mon passage. Le reste des enfants étaient gardés dans la cour ou dans une salle remplie de jouets afin qu’ils puissent se défouler aisément.

photo 3

photo 5photo l

   Ensuite venait le moment du repas avec un passage obligé par les sanitaires pour se laver les mains.  Cette étape était bien souvent difficile : faire tenir 25-30 enfants dans des sanitaires, en rang et calmes, revenait parfois au parcours du combattant.

photo 2

   Ensuite, les enfants se rendaient « al comedor », c’est à dire à la cantine, où deux petites cuisinières boliviennes leur avaient préparé le repas, composé le plus souvent d’un plat principal à base de viande, de riz et de patate (le riz et le pomme de terre étant les seuls accompagnements des viandes en Bolivie), d’un dessert au fruit et d’un verre de jus de fruit. Parfois, les repas étaient compliqués à prendre soit parce que les enfants ne voulaient pas manger soit parce qu’ils étaient agités (ça reste des enfants !) mais dans l’ensemble ils appréciaient leur repas et finissaient souvent par un « Màs mamà ! » (Encore maman !).

   Pour finir, nous les conduisions au dortoir pour faire la sieste. De nouveau, cela pouvait être vite la cohue lorsque tous les enfants devaient se laver les mains et aller se coucher. Tous les enfants avaient les mêmes lits, à barreaux  (pour les empêcher de tomber et aussi de ne partir courir dans les couloirs), recouverts de couverture Minnie ou Donald. Aucun n’était attribué et ils s’installaient là où ils le désiraient. Ma seule tristesse était de ne pouvoir avoir un petit moment de tendresse avant le coucher, de la même manière que le soir. En effet, ils étaient bien trop nombreux pour cela : j’aurai pris 30 minutes pour faire un câlin et un bisou à tous, ce qui aurait été bien trop long et qui aurait entraîné aussi des risques que les autres en attendant ne s’agitent. Je me suis donc résignée à ne leur dire qu’un petit : Dormez bien !

Les après-midi :

    Après être rentrée chez moi manger et dormir un peu, je revenais à l’orphelinat vers 15h. Les enfants étaient déjà dans la cour à courir, crier, sauter voire se chamailler parfois. Les après-midi étaient souvent moins structurés que le matin et laissaient plus de place aux initiatives des bénévoles ou de volontaires boliviens venant juste pour une activité.

   Ainsi, j’ai pu voir arriver par exemple des jeunes collégiens du voisinage qui venaient aider à l’orphelinat le mercredi après-midi quand les cours sont finis ou les dimanches. Ils venaient jouer avec les enfants, leur apporter un goûter parfois ou leur faire découvrir les joies du portable ou du vernis à ongles (pour les filles et les garçons !). Ces jeunes étaient touchants et vraiment bienveillants envers les enfants, que c’est beau de voir que des jeunes prennent encore de leur temps pour aider les autres…

   Parfois encore, ce sont des voyageurs de toutes nationalités qui passaient à l’orphelinat souvent les bras chargés de fruits, de légumes, de couches, de vêtements, etc… Ils descendaient alors dans la cour profiter d’un moment d’échange avec les enfants : les aider à grimper dans la cabane, les pousser sur la balançoire ou tenter de leur faire parler. Ces gens là étaient touchants car on sentait qu’ils cherchaient à faire plaisir aux enfants mais bien souvent ils ne parlaient pas un mot d’espagnol et les enfants s’en détournaient vite…

   Certaines fois les activités initiés par des volontaires pouvaient aussi tourner en champs de bataille. Je me souviens de cette jeune italienne, en voyage en Bolivie pendant plusieurs mois, venue aider pendant un temps à l’orphelinat.photo v Un jour, elle décida d’apporter des cartes de Sucre (la ville où nous étions) afin que les enfants découvrent leur ville et leur environnement. C’était une bonne idée sauf que les enfants sont bien trop petits pour comprendre tout cela et ont seulement cherché à colorier dessus et à se les arracher. Ce jour là, nous étions dans une salle à l’abri de la pluie et en 10 minutes, la salle est devenue une petite scène de chaos… Activité plutôt ratée mais les enfants se sont amusés et aucun véritable accident ne fût à déplorer. C’est l’essentiel !

photo q   Enfin, il y eut des intervenants qui eux ont captivés les enfants et nous ont donné des frissons. Ce fut le cas de deux hommes venus pour animer un atelier de chants et de danses pour les enfants. Le plus jeune était à la guitare pendant que le second chantait avec les enfants et leur faisait faire de petites chorégraphies. Parfois les chants étaient des comptines mais parfois c’était des chansons plus religieuses. Dans les deux cas, les enfants le suivaient attentivement et étaient vraiment passionnés. C’était tellement beau à voir !

Quelques fois, lorsque nous étions assez d’adultes, nous partions en balade dans le quartier avec les enfants. En rang deux par deux, nous découvrions les alentours de l’orphelinat, ce qui permettaient aussi aux enfants de découvrir que d’autres enfants vivaient dans la rue ou mendiaient aux carrefours. Là je comprenais que dans leur malheur, mes petits « chouchous » avaient de la chance… Cependant un jour, la sortie fut plus animée que les précédentes car un encadrant avait décidé d’emmener les enfants au parc des dinosaures de la ville. Pour cela, nous devions prendre un transport mais trop cher de payer le bus pour tous les enfants. Pas de souci, nous sommes en Bolivie : hop 29 enfants et 5 adultes dans un 4X4 et les 8 adultes et 2 enfants qui restent prendre un taxi, mais un seul taxi. Heureusement que les coffres sont grands dans leurs voitures et surtout que la Police n’est pas trop regardante… Bien que cela fut dangereux, j’ai surtout beaucoup rit avec les autres volontaires aussi surpris que moi ! Bien que la sortie en elle même ne soit pas à la hauteur de nos espoirs, ces instants sont gravés dans ma mémoire et ont vraiment ravis les enfants !

photo 1

photo a

Puis certains jours, c’était plus calme et nous étions seulement à jouer dans la cour. Les garçons à se bagarrer ou se courir après, les filles à jouer à la marchande ou à se faire et nous faire des tresses…Des moments simples, de partage et de bonheur avant une fin de journée semblable aux fins de matinée : repas, brossage de dents, pyjama et couché toujours sans véritable moment de tendresse avec regret…

photo g

   Voilà, vous connaissez un peu mieux les journées au sein de l’orphelinat, comme si vous y étiez 🙂

   Bonne journée

   Delphine

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s